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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 18:27

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La guerre,c’est la pire  des calamités.

Depuis l’invasion du Kuwait par l’armée irakienne,le pays bouillonnait  comme un chaudron…

On s’attendait à une attaque massive  de la part des alliés  pour déloger, pour débusquer  l’envahisseur qui avait élu domicile dans le pays conquis..

Toute la population de la ville de Bagdad avait déjà déserté

La ville pour aller s’abriter en lieux sûrs,  à savoir  au cœur de la campagne..

Seul, je végétais dans une espèce de caravansérail,  un peu à la limitrophe de la ville,où   je passais  des nuits blanches,ne sachant que faire,frémissant de terreur et de crainte à l’idée  d’être tué loin de ma famille et de ma patrie..

Deux jours à peine passés –l’ultimatum décrété par l’ONU touchait à son expiration -c’est alors que les alliés ont entamé leur attaque nocturne contre les centres de communications  qu’ils ont pilonnés par une série de boulets  gigantesques..

Or, pour éviter de me faire écrabouiller, je quittai précipitamment  la caravane  pour aller me jeter à plat ventre   dans une rigole  creusée  dans une piscine et là je restais des heures durant , attendant l’apparition  de l’aurore, temps   de suspension des hostilités …pour reprendre de plus belle la nuit suivante.. !

Et ce calvaire avait duré tout le temps des attaques  des alliés  qui n’a pris fin qu’au bout d’un mois ..juste

après la sortie en débandade de l’armée irakienne..complètement défaite par les alliés ..

 

5.     Le chaos social

Le pays s’enlise dans un gouffre –oui,je vis à Bagdad,mais je sentais ce qui se passait dans les coins les plus reculés de l’irak..

Le pays tout entier est en déroute—la vie sociale empirait de jour en jour :il était devenu quasi impossible de s’approvisionner  en denrées alimentaires.. disons plutôt impossible de pouvoir trouver de quoi se subvenir-tout faisait énormément défaut-la pénurie,une pénurie obsédante,s’est déclarée dans tous les produits alimentaires..l’inflation galopante envahissait le pays de bout en bout ..,une flambée des prix inimaginable qui érodait le pouvoir d’achat du citoyen-tout le monde se lamentait en sourdine-plus d’espoir dans ce marécage houleux  où les citoyens semblaient pousser de force vers un abime sans fond

6.     La fuite –location d’un bus-long voyage terrestre-arrivée en Jordanie.

Il est temps de partir,de quitter illico ce pays maudit,rien ne m’obligfe désormais d’attendre davantage ..mes économies de deux ans de labeur,je les ai déposées à la banque,en instance,me dsait-on,d’être transférées vers mon pays,une fois que l’embargo sera levé sur les avoirs irakiens à l’étranger,---pour le reste je n’en ai plus besoin ,je dois tout abandonner,sauf je dois sauver ma peau  et entrer dans le pays…

J’ai pris contact à la fois avec le consulat jordanien  et avec celui de l’Egypte  pour obtenir concomitamment deux visas transitaires l’un pour la Jordanie, l’autre pour l’Egypte… 

 –et le lendemain,je me suis orienté dare-dare vers la gare d’autocars  et là,après quelque temps d’attente,j’ai pris un billet pour la Jordanie et au bout de quatre jours vous me trouvez dans le bus,muni de mes visas en régle    et mon passeport en poche,cahotant et branlant  sur la plateforme  de ce bus déjà vétuste…

Et le voyage commence  pénible,dur,scabreux,comme si l’on grimpait sur un talus escarpé et rocailleux..

Les passagers, la plupart des jeunes fuyant comme moi  les affres d’une situation  sociale  insoutenable..

Je me pelotonnais dans mon siège ,dans l’arrière-fond , songeant amèrement à tout ce que j’ai vécu jusqu’à présent..

Tout au long du voyage qui a duré deux jours consécutifs  je me morfondais dans une posture rigide, impassible et coite, attendant avec impatience  notre arrivée aux frontières..

J’essayais de me distraire avec mes pensées ,mais en vain.. la douleur me taraudait  insidieusement les entrailles  jusqu'à ce que le bus ait ralenti quelque peu ..et l’annonce de notre arrivée en vue de la douane …

7.     Séjour en Jordanie /descente dans une gargote / plus d’une semaine d’expectative..

Or après le contrôle douanier,et avec le même bus,nous avons poursuivi notre périple à travers le désert jordanien jusqu’à Aman…

Tout au long du chemin,je voyais que la Jordanie a un relief en creux,gravement accidenté  où les montagnes de différentes dimensions parsemaient  généreusement  le sol…

Une fois arrivé à Aman,je suis descendu  dans une espèce de gargote n’ayant pas assez d’argent pour m’offrir le luxe d’un hôtel propre et commode (entre-temps j’ai cablé à mon frère lui demandant de me faire parvenir de toute urgence la somme de  trois cents dollars  pour payer les frais de mon retour)j’ai reçu la somme au moment opportun  coïncidant heureusement  avec la fin de mon séjour légal en Jordanie « je n’oublie pas de rappeler ici une phrase que je me répétais inlassablement  en descendant à Aman, »voilà un peuple qui vit heureux,comblé de biens,gorgé de joie et de  jouissances,nageant dans l’aisance, sans souci du lendemain,alors que son voisin,le peuple irakien,végétait dans un bourbier insondable,mourant lentement d’inanition et de misère »

8.     Départ de la Jordanie en direction de l’Egypte/arrivée au port /embarquement sur la péniche/traversée de la mer rouge

Durant mon séjour dans cette gargote,j’ai pris le temps d’aller me balader au cœur de la ville—j’ai vu beaucoup de choses—j’ai vu des vitrines bourrées d’objets de luxe,j’ai vu des gens affairés,  courir à droite et à gauche,sans interruption …j’ai fait un saut du côté du mail où la population-par couple ou en famille-se promenait , pour se  dégourdir les jambes  en toute quiétude…

Ce qui est vraiment curieux à aman,c’est que je n’ai pas vu de filles seules,qu’accompagnées  de leurs parents , ou à la rigueur en couple

Ce n’est pas tout, ;j’ai remarqué qu’il n’y a absolument pas  de cafés en plein air…

Tous les cafés sont casés dans le sous-sol, ou dans la cave..

L’agitation ou l’animation des marchés  est réellement surprenante tout est animé autour de vous  car tout se paie et s’achète..

Bref j’ai vu aussi que mon séjour  expirait  et qu’il est temps désormais de prendre la route  vers l’Egypte et ainsi,après m’être muni d’un ticket direct vers le Caire,j’ai emballé mes valises  dans un autobus  et sans crier gare,le bus a pris la direction du port de plaisance Aqaba—or nous avons parcouru beaucoup de chemins parfois encastrés dans le creux des montagnes, et de la fenêtre de l’autobus,je voyais de vastes précipices,des gouffres en contrebas,parsemés de pierrailles…

Les routes sont praticables,seulement juchées  dans des endroits  fort périlleux..

Tout au long de cette traversée  je pensais tristement à ma vie  de misère que j’ai laissée derrière moi  en Irak.. Je pensais au peuple de Jordanie  qui vivait dans la prospérité  et puis je pensais à moi qui ai perdu  des années sans rien récolter  que de la fatigue et  pour être sur la déche..Et tout cela de la faute de Saddam..Son arrogance nous a mis,son peuple et le monde entier,dans un vrai pétrin..et ça va durer pour longtemps.. !

 

1.     Arrivée à NuweiBa/descente désordonnée  au  port et contrôle serré de la douane…-Transport par bus jusqu’au Caire  -deux jours durant…

Arrivé  à Nuweiba,le bus fut embarqué,après une escale qui a duré presque une demi-journée- à l’intérieur de la péniche avec sa cargaison , tandis que les passagers ont pris place  sur des bancs en bois  dans un espace qui leur a été réservé et la traversée maritime s’ébranle  sans la moindre anicroche  jusqu'à l’arrivée à Nuweiba-escale principale-ou nous étions descendus  pour être fouillés  par la douane  une fouille à l’emporte -pièce …Tout a été passé par le crible,un crible à trous très fins  comme ceux d’une aiguille et puis après avoir été soumis malgré nous  à cette opération scabreuse et tatillonne,nous avons pris nos bagages déjà entassés pêle-mêle par terre,pour les transborder à l’extérieur  du théâtre de l’opération de la fouille (il n’y a pas moins de quatre cents mètres) ou le bus,avec son chauffeur, était en attente…

Il y a du grabuge quelque part dans l’enceinte de la douane..des cris,des vacarmes fusaient de toutes parts..Il m’a paru comme si la douane était aux prises avec des contrebandiers…

7-départ en direction de la Libye/à Saloum-passage  de la douane et des frontières libyennes/le grand périple à travers le Sahara commence…

Maintenant nous sommes sur le sol égyptien..

Le car continue son bonhomme de chemin jusqu’au Caire sans aucun incident majeur…

Dès notre arrivée  à la  station,une horde de jeunes presque en guenilles,nous ont investis  pour nous proposer leurs services..

J’ai trouvé ce comportement étrange .. on n’a jamais vu une chose pareille,des jeunes de tout âge,se pressaient autour de vous  pour vous demander  ou bien l’aumône ou bien pour vous aider à débarquer les malles..

Heureusement,peut-être par un coup de chance inespérée,un minibus était là en stationnement,attendant de collecter le nombre de passagers requis  pour prendre son chemin vers la Libye…

Ainsi ,après avoir emballé mes valises,j’ai pris place sur un strapontin  et le véhicule s’est ébranlé,empruntant une autoroute ,menant à vol d’oiseau vers Alexandrie,mais après avoir parcouru quelques kilomètres,il a bifurqué du côté d’Essaloum,pas assez loin des frontières égypto-libyennes…

Au cours du chemin,nous avons fait une petite escale  qui nous a permis de nous restaurer  dans une sorte de boui-boui où j’ai commandé  un demi-poulet que j’ai dévoré avec fureur  tout en toisant avec convoitise les seins d’une jeune soubrette aux larges yeux et à la bouche mignonne.

A Essaloum, il y des tas de bananes,  j’en ai acheté que j’ai mangés  avec non moins de gourmandise…

Puis, nous avons repris le chemin pour nous engager cette fois sur le sol libyen et une fois arrivés aux services des douanes nous avons rempli les formalités  nécessaires et ensuite  le périple à travers le désert commence toujours difficile,pénible et accablant..

8-Arrivée à Tripoli/pris à bord par un tunisien en partance vers Sfax.

Après la douane où une fouille fut entreprise  sans ménagement,nous continuons notre chemin…

C’est maintenant que le déserte se présente dans sa nudité  la plus échevelée  et la plus étrange..

Plus nous nous enfonçons dans ce chemin solitaire,plus nous perdons la notion de la vie :aucune habitation des deux côtés du chemin,aucun lieu pour nous rafraichir il m’est arrivé d’avoir besoin de me soulager,d’aller sur la sellette,après trois jours de marche,mais il n’y a  aucun lieu d’aisances c’est le vide dans son ampleur la plus infernale…

Pour l’eau, pas la présence d’une seule goutte.. la sécheresse des gorges  battait son plein et tout le monde se plaignait de cette pénurie  ravageuse dans un pays pétrolier…

Des postes de contrôle,il y en a eu encore,même  au cœur de la solitude la plus impénétrable…On vous  impose la corvée de tout déballer à même le sol,sur le sable,pour leur permettre de farfouiller avec un certain sadisme incompréhensible tout le bagage …et vous ,vous essayez timidement de grommeler ou de protester ,mais personne ne prête l’oreille à vos doléances….

Et cependant nous poursuivions cahin-caha  notre route …Et après avoir traversé Musrata ,où nous avions eu la chance  de nous rafraichir copieusement en eau potable,nous avons poursuivi notre itinéraire jusqu’aux abords de Tripoli..

Dès lors,les voitures commençaient à affluer des deux sens  de la route,et moi,curieux insatiable par nature,je me mettais à regarder les véhicules,espérant voir  une voiture immatriculée tunisienne,brusquement,après de longs moments  de scrutation, mes yeux furent attirés par la voiture que je cherchais…

Alors après une brève tractation qui fut menée tout bonnement dans le sens de la concorde,  le chauffeur,un débrouillard,un commis voyageur en visite en Libye,accepta enfin de me transporter jusqu'à Sfax,  moyennant un prix raisonnable…

Me voila à présent dans la voiture de mon compatriote, heureux d’arriver à ma ville natale et de voir ma famille que je n’ai pas vue depuis deux ans…

Ainsi une fois embarqué ,je me prélassais douillettement dans mon fauteuil et je m’assoupissais   jusqu’à l’arrivée des frontières  que nous avions franchies sans encombre…

Quelques heures plus tard, nous étions à Sfax, où j’ai retrouvé  ma famille dans un état psychologique lamentable ….. !

Drmohamedsellam

Sortie de Bagadad le 10 juillet 1991

Arrivée en Tunisie le 23 juillet 1991

Esquisse en abrégé.

Poursuite de la guerre en Irak

Le chaos social.

La fuite :location d’un bus/long voyage terrestre/arrivée en Jordanie

Séjour en Jordanie/descente dans une gargote/plus d’une semaine d’attente..

5-Départ de la Jordanie en direction de l’Egypte/arrivée au port Aqaba/embarquement sur une péniche/voyage maritime

6-Arrivée à Nuweiba/descente au port et contrôle douanier/poursuite du voyage jusqu’au Caire.

7-départ en direction de la Libye/Escale temporaire à Essaloum/Passage des frontières Egypto-libyennes/le grand périple à travers le désert commence.

8-Arrivée à Tripoli/pris à bord par un tunisien en partance vers Sfax.

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